Texte de chanson
auteur Daniel Macouin
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JUBILÉ
Oie
Ira-t-elle au pot
l'oie qu'on gave
près du Gave
de Pau?
A-t-elle cirrhose
cette fois
à son foie
si rose?
La cuisse en confit
comme l'aile
demoiselle
qu'on fit
rôtir dans la graisse
que le sot
aux pourceaux
l'y laisse.
*
Canard
Entends la chasse au canard
Dans le marais
Je songe à ton doux marais
Petit canard
Mon fusil vient s'y loger
Pour ses coups blancs
Là-bas cols verts et culs blancs
Sont délogés
Tirons un coup de bon temps
Mon doux canard
Oublions des vrais canards
Le sale temps
Ce matin le givre blanc
Dit que c'est temps
D'aller chasser le canard
Dans les marais
A mon poil du givre blanc
Dit que le temps
Des coups francs pour les canards
Va au marais.
*
Les boulangers de farine blanchis...
Les boulangers de farine blanchis tournent au pétrin
une pâte molle qu'ils savent au toucher ressentir
Au petit matin je vais à la gare y prendre mon train
emportant du pain chaud acheté avant que de partir
L amie en est tendre et la croute comme peau en été
dorée craquante barrée de trois fuseaux que la cuisson
étira sur les scaries dont l'orna - oh! sans cruauté -
le mitron qui oeuvre selon les règles de ses leçons
Tâte la miche fendue par ses amandes écartées
hume l'odeur entêtante qui fait monter la salive
en bouche pour la chair gonflée blanche jolie fermentée
de cent bulles qu'un levain lui met la nuit quand il s'active
Porte à tes lèvres cette éponge odorante et goûte-s'en
le léger sel fouille de ta langue un secret encagé
au creux de l'amidon et trouve le chemin bienfaisant
du plaisir et l'amour qui entre dans un pain partagé
*
Balaton
Que fous furent
Mes tâtons
Près du lac
Balaton
Que mit-on
Dans ce sac :
Les festons
L'épissure
L'entrelac
Oui de ton
Armature
A tétons
Pelotons
Toute amure
Tes bétons
Seins sans sac
Ainsi dure
L'été - ton
taine et ton
ton - au lac
Balaton
*
La comptine à Mimi
Sois mon amie
Que j'ai dit à Mimi
Un deux trois
Je n'aimerai que toi
Quat'cinq six
Grande saucisse
Va t'fair' cuire un oeuf
Sept huit neuf
Qu'e'me dit
Et ben! j'y vais
Que j'lui dis
J'aime bien les oeufs et les saucisses de Toulouse
Dix onze douze.
*
J'ai joué de la prunelle...
J'ai joué de la prunelle
Et de la croupe
Afin que mon charme opérât
Mais quand lassé de mes aisselles
Et de ma houppe
Tu lanças sur mon corps ta voiture
C'est ainsi ô Ben-Hure
Que ton char m'opéra.
*
Oiseau noir
Cesse tes vesses de mouche
à merde Oiseau noir, et ton prêche
Écoute les doux remous
chez la fille qu'on lèche
où fermentent comme mout
chair et peau de pêche
oublieuses des mots qu'on moud
chatte rieuse qu'on mèche
où l'humide et le mou
chaud s'ouvre dans l'os de seiche
houle havre au morveux qu'on mouche.
*
Je sais auprès d'un Equateur...
Je sais auprès d'un Equateur
Sous une touffe claire
Une manière de bouton de rose
Qu'on manie comme sonnette électrique
Délivrant une moiteur
Enclose :
Ah! l'entre-deux que Chanteclerc
Attrique!
*
Que reste-t-il amie de ta jeunesse...
Que reste-t-il amie de ta jeunesse
quand le sein qui s'affaisse
rejoint le ventre vergeté?
S'en vient-il donc le temps de la tristesse
lorsqu'au bord de la fesse
ondulent les oranges mal pelées?
Faut-il se mettre à genoux pour confesse
si la cheville épaisse
s'orne de veines bleues toutes gonflées?
Quand le flux des menstrues tarit est-ce
enfin l'amour qui laisse
tranquille ou l'avenir qui est fêlé?
Foutaises! Même si ta vue te blesse
entre les plis de graisse
l'amour encor sait courir le relais.
Souris! L'éclat de tes yeux où renaissent
les envies d'homme dresse
le mitan du corps pour ton jubilé.
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